mardi 20 mai 2014

RESTONS ZEN, LE BURKINA SURVIVRA


Blaise Compaoré veut son référendum parce qu’il veut rester à Kosyam.
Il veut rester à Kosyam parce qu’il a peur de ne pas bénéficier d’amnistie et d’immunité s’il n’est plus président. Il a peur de se retrouver devant des tribunaux. Il a peur aussi que des membres de sa famille répondent devant la justice. En vérité quand Blaise prenait le pouvoir en 1987, il n’a jamais envisagé de céder le pouvoir à quiconque par la suite.

LES ENJEUX DU REFERENDUM

L’Assemblée Nationale à la majorité peut prendre l’initiative d’organiser le référendum. L’initiative peut venir également d’une pétition signée par 30 000 personnes.

Même si le projet de révision peut être adopté sans recours au référendum s’il est approuvé à la majorité des 3/4 des membres de l’Assemblée Nationale, il est à peu près sur que c’est plutôt Blaise Compaoré lui-même qui prendra l’initiative de signer un décret et demander à l’assemblée nationale de voter un projet de loi.

Blaise et son CDP pourrait ainsi convoquer le référendum entre septembre et novembre 2014. Au plus tard avant mai 2015.

Mais voilà, nous l’avons déjà dit, les blocages peuvent survenir à toutes les étapes du processus :

• Les députés peuvent rejeter le projet de loi (mais des enveloppes de plusieurs centaines de millions sont prêtes pour ceux qui sont sensibles à la corruption)

• Le Conseil Constitutionnel peut déclarer la non constitutionnalité de la loi ou remettre en question la sincérité du référendum ou encore refuser de proclamer les résultats. (Il parait que les membres sont tous acquis à la cause de Blaise Compaoré. Vrai ou faux ?)

• Les représentants des partis politiques de l’opposition et de la société civile peuvent démissionner de la CENI et bloquer son fonctionnement. (Beaucoup de faux opposants sont prêts à prendre les places vacantes)

• Un soulèvement populaire peut empêcher la tenue du référendum (Scenario le plus probable)

POURQUOI ON A L’IMPRESION QU’IL N’Y A PAS DE RESISTANCE CITOYENNE OU DE REACTION DE L’OPPOSITION POLITIQUE ?

Je rappelle à tous que le Burkina est un pays exceptionnel où les gens croient encore en des idéaux. Un pays ou malgré les tentatives du clan au pouvoir de corrompre les esprits de façon endémique et de transformer les populations en des zombies guidés par l’appât du gain facile, il existe encore une conscience résiduelle d’intégrité et de sacrifice de soi.

Je crois que nous sommes tous d’accord pour chasser la classe dirigeante. C’est le BIG PROJECT et nous sommes prêts pour la mobilisation.

Maintenant, pourquoi passer à l’action AVANT l’annonce du référendum ?

Entre 1983 jusqu’en 1999, nous ne savions pas comment Blaise Compaoré fonctionnait exactement. Il nous a toujours surpris et réussi à prendre le dessus même dans des situations désespérées
Pourquoi ? Parce qu’il a l’âme d’un militaire. Un esprit tactique qui n’engage les batailles que lorsque l’adversaire est vulnérable et a été entrainé sur un terrain favorable. Mais désormais, Blaise Compaoré ne fait plus illusion. Il est obligé de combattre à découvert.

Ne soyons pas fébriles. Tout est question de timing. Gardons notre sang-froid.
Attendons patiemment l’annonce du référendum si nous ne voulons pas acheter un poisson dans l’eau.

Laissons les vociférer sur RFI, France 24 et la RTB comme ils ont vociféré à l’arrondissement 4 de Ouagadougou.

Bamba Alex Souleymane a renoncé. Soro Guillaume a baissé les bras. Franklin Nyamsi s’est essoufflé.

La bataille de l’opinion est de toutes les façons perdue pour les aficionados de Compaoré. Qui pourrait croire un seul instant que l’opinion publique dans les pays occidentaux puisse être favorable à l’idée de prolongation d’un chef de l’Etat africain qui a fait plus d’un quart de siècle au pouvoir?

« 27 ANS AU POUVOIR ET IL VEUT REVISER LA CONSTITUTION POUR RESTER PRESIDENT A VIE? »

C’est la seule argumentation valable et elle est inattaquable parce que depuis Karl Popper nous savons que pour être juste, un postulat ne doit pas être prouvé mais résister à la réfutation.

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