mercredi 8 janvier 2014

LES BURKINABE SONT-ILS TOMBES SUR LA TETE ?


Je trouve ahurissant le peu de soutien et de sympathie dont jouissait Bénéwendé Sankara lorsqu’il était chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso. Il a été farouchement combattu et marginalisé par les éminences grises du parti au pouvoir. Il été petit à petit discrédité, isolé et affaibli durablement par les soins du spin doctor Salif Diallo. Ses comparses, Roch Marc Christian jouant le trouble fête à l’assemblée et Simon usant de ses fameuses zones rouges dans la capitale Ouagadougou. Je n’ai jamais personnellement aperçu un début de preuves de compromission politique de cet homme courageux et persévérant.

Bénéwendé Sankara a certes fait des erreurs de jugement ou adopté parfois un positionnement incompréhensible. Mais qui n’en ferait pas sous une telle pression et dans un environnement aussi hostile? Quelles que soient ses fautes, elles sont moindres que par exemple celles de Bado Laurent (le corrompu-assumé) qui paradoxalement jouit d’un capital sympathie élevé auprès de la population. Bénéwendé Sankara n’a pas un très grand charisme (jugement de valeur) mais son action politique a toujours été est portée par l'éthique de responsabilité et il nous en a apporté la preuve à maintes reprises.

Ensuite Zephirin Diabré. Beaucoup de réserves émises contre lui alors qu’il a, avant tous, eu le courage et l’esprit d’anticipation de se désolidariser de ce groupe maffieux appelé CDP à un moment ou rien n’indiquait que le Manitou tireur de ficelle installé à Kosyam était affaibli. Zephirin Diabré n’a jamais, à ma connaissance, adopté de positions équivoques. Sous sa houlette, l’opposition politique et la société civile ont mené une fronde contre le Senat et la révision de l’article 37 qui a eu pour conséquence de suspendre bien de velléités totalitaires.

RENDONS A CESAR CE QUI APPARTIENT A CESAR.

Merci à ces deux hommes politiques (avec des idéologies politiques aux antipodes) sans les actions desquels les lignes de front n’auraient pas été autant à l’avantage du peuple aujourd’hui.
Merci à Ki Zerbo et Arba Diallo. Merci à tous les gardiens du temple incompris.

Toutefois j’ai du rater un épisode car depuis dimanche 5 janvier 2014, les burkinabè semblent prêts à dérouler le tapis rouge jusqu’à Kosyam à une bande de 75 repentis qui hier encore faisaient partie de la meute de loup.

Thomas Sankara, Henri Zongo Jean-Baptiste Lengani ont été naïfs face à Blaise Compaoré et ils ont fini assassinés.
Norbert Zongo lui n’a jamais été naïf. Il avait, sans succès, appelé à ce que Roch Marc Christian prenne ses responsabilités. Il a fini assassiné.

C’est comme si les burkinabè « aimaient à pleurer avec leurs tortionnaires, défendre leurs geôliers et attaquer leurs défenseurs ».

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