lundi 16 décembre 2013

LES TACTIQUES DE KOSYAM



Blaise Compaoré est un manipulateur chevronné. Il en a usé à profusion pour bâtir et maintenir son pouvoir. Mais c’est avant tout un bon militaire qui prend ses décisions en fonction du rapport des forces. Quand il prend des risques, ce sont des risques calculés. Tel un joueur de poker, il abat toujours ses cartes à la dernière minute.

La stratégie de Blaise Compaoré au lendemain de l’assassinat de Thomas Sankara avait un objectif global de neutraliser et contrôler l'ensemble des forces supposées amies et opposées pour se maintenir au pouvoir à long terme. Roublardise, intimidation, assassinat, corruption, complot, mensonge, trahison ont fait très tôt partie de la panoplie du dictateur débutant. Cette stratégie consistait à mettre en place une coordination au plus haut niveau géré par des hommes de paille militaires (Diendéré) et politiques (Salif Diallo).

On pourrait simplifier en disant que la stratégie dans le domaine militaire vise à remporter la guerre et la tactique à gagner la bataille.  La tactique en cours de l’ex capitaine Blaise Compaoré a pour objectif de faire en sorte que l’article 37 ne soit pas un obstacle à une présidence après 2015.Le but de la manœuvre actuelle est de liquider cet élément dangereux (l’article 37) favorable à l’ennemi (l’opposition). 

Premièrement, travailler à bien connaitre le terrain environnant l'ennemi (analphabétisme et pauvreté des populations…). Ensuite passer à l’offensive avec l'ordre de mise en œuvre suivant : appui, couverture, débordement.

·         Le groupe d'appui a pour tâche la censure des media, les procès pour diffamation, les interdictions de manifestations publiques, les discours pessimistes des autorités coutumières et religieuses, la corruption de certains partis politiques…. Le groupe d'appui fait face immédiatement à l'ennemi. Il s'agit pour lui d'immobiliser ou de le distraire pendant les manœuvres des deux autres groupes.

·         Le deuxième groupe qui est la FEDAP/BC assure la couverture des deux autres par la mobilisation sociale et l’occupation de l’espace médiatique. Il est chargé de réunir les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires et/ou d’empêcher qu’elles soient utilisées par l’ennemi.

·         Le troisième groupe  qui est le CDP, profitant de la couverture de la FEDAP/BC, contourne largement la position adverse en distribuant des promesses, de l’argent, des vivres et des gadgets aux populations. Son rôle consiste aussi à organiser les fraudes électorales.

Pour combattre cette tactique, la meilleure manière est d’organiser des opérations de sabotage. 

Mais Blaise Compaoré a aussi un plan B. Ce n’est pas pour rien qu’il s’est bâti une forteresse au milieu d’un camp militaire à Kosyam. Il a 2 000 soldats super entrainés et super équipés pour le défendre. En bon militaire, il a même songé à piéger son fauteuil au cas il ne pourrait plus tenir ses positions. Il fait comme Bozizé pour que ça pète à la gueule de celui qui va le remplacer. Mais le Burkina n’est pas la Centrafrique.

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